Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature

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VANOISE : charte approuvée

 pnvCBLA CHARTE DU PARC NATIONAL DE LA VANOISE APPROUVEE

C’est par un décret ministériel signé par Emmanuel VALLS le 27 avril 2015, que la charte du Parc national de la Vanoise a été définitivement approuvée.
Le document sera bientôt sur la table des 29 communes de l’aire optimale d’adhésion. Après une lecture assidue, les conseillers municipaux auront à décider de l’adhésion ou non de leur commune à la charte. Leur engagement portera sur une durée de 15 ans. Il y aura une session de rattrapage, dans trois ans, pour ceux qui auraient laissé passer le premier train.

 

 

Le processus de mise en place obligatoire de la charte a commencé il y a 9 ans, avec la loi du 14 avril 2006, votée à l’unanimité de la représentation nationale. Cette loi avait été proposée par le député du Var Jean Pierre GIRAN, agrégé en sciences économiques, qui était alors Président du Parc national de Port Cros et de Parcs nationaux de France. Occultant certaines contradictions, la motivation de l’économiste de favoriser l’alliance entre une conception nationale de la protection de la nature et l’économie locale ne faisait aucun doute, mais, en ce qui concerne la Vanoise, cela s’est révélé un pari particulièrement risqué. On peut d’ailleurs se demander si la loi n’a pas d’abord permis de donner un coup de pouce à la création espérée du Parc national des Calanques, parc situé aux portes de Marseille, sur mesure pour le tourisme à proximité de la deuxième ville de France qui a effectivement pris place dans l’aire d’adhésion.

Quand on a cinquante ans (fêtés discrètement en 2013), comme le Parc national de la Vanoise, il est moins facile de se remettre en question et de changer ses habitudes, ce faisant de considérer non plus une zone centrale, mais un cœur de parc qui soit un peu plus battant, tout en conservant les mêmes limites et la même protection. Il s’agit aussi de considérer non plus une zone périphérique, destinée à être aménagée, mais une aire d’adhésion volontaire, et bien identifiée, garante de liens avec le cœur.
 
On se souvient que la notion de zone périphérique avait été inventée en Vanoise, premier parc national français, en partie pour satisfaire le « Plan neige ». Bien avant la décentralisation et bien avant la question du dérèglement climatique, peu de gens imaginaient alors le développement fulgurant des stations de ski en son sein, sans garde-fou en regard de l’environnement. Ainsi, il avait fallu attendre les Jeux olympiques (1992) pour que les grandes stations commencent à se doter de stations d’épuration !

Malgré les relations tissées de longue date entre les agents du Parc et les autres acteurs du territoire, les préoccupations principales affichées par les maires restent celles liées au développement du tourisme d’hiver, d’où leurs peurs que ce développement économique soit enrayé s’il n’avait pas été explicitement mis en évidence sur la carte des vocations de la charte.

Tirant la sonnette d’alarme tout le long du processus de mise en œuvre de la charte, sur la nécessité de préserver les ressources naturelles et sur celle d’une gestion durable de l’existant, les associations, le conseil scientifique du parc et certains autres ont critiqué de nombreux points et multiplié les mises en garde sur la fuite en avant immobilière. Contrairement à ce qui apparaît dans le projet approuvé, un de leur souhait aurait été que la carte des vocations ne conserve pas le tracé des « ellipses » symbolisant l’extension possible des stations. En effet les espaces touristiques aménagés comportent déjà un grand nombre de domaines skiables et près de 360 000 lits, pourtant vides une bonne partie de l’année, avec tous les impacts que cela représente.

Pourquoi faire une aire d’adhésion, alors qu’on est si bien chez nous et entre nous ? Maintenant qu’elle a abouti, et même si elle n’est complètement satisfaisante pour personne, la charte, donne des opportunités de meilleure compréhension de l’état des lieux et des enjeux environnementaux ; elle offre une reconnaissance de l’évolution du territoire et des possibilités de partenariats plus importants.
Comme le suggère Guy CHAUMEREUIL, président du Parc, « la mise en œuvre de la charte a permis le lancement d’une grande ambition ». Cela donne l’espoir d’une nouvelle connivence des uns et des autres débouchant sur des engagements respectueux de l’environnement. Tout le monde y aurait intérêt.

Six ans de travail exigeant, de recherche, de concertation, d’écoute, d’explications, de kilomètres parcourus, d’écriture, de réécriture, de lecture et de relecture, beaucoup de salive, de fatigue, beaucoup d’encre et de papier utilisés pour tenter d’être en cohérence avec la loi de 2006. Ceci, au fond, sans aucun règlement supplémentaire autre que le droit commun, aussi bien en matière d’urbanisme qu’en ce qui concerne la protection de la nature.

Au final, un travail ponctué par des allers-retours entre le Conseil d’administration du Parc national et ses partenaires aussi bien au niveau national que local, un avancement compliqué par un contexte économique tendu. Une grande diversité de personnes incitée à travailler ensembles à différentes échelles de valeurs et de responsabilité.

Nous espérons que l’Etat n’oubliera ni la vigilance des associations, ni la ténacité de ses agents, tous impliqués dans le processus, ni sa grande ambition de pérenniser un environnement d’excellence à l’attention des 29 communes privilégiées par cette ambition et surtout à l’attention des générations futures.

Christine BERNARD
Administratrice du Parc National de la Vanoise au titre de FNE

 

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